« Nous proposons la mise en place d’une Ministère Européen des migrations et d’un corps de garde-frontières européen. »

« Nous proposons la mise en place d’une Ministère Européen des migrations et d’un corps de garde-frontières européen. »

INTERVIEW – Au lendemain de l’Université d’été de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde dessine les perspectives des mois à venir et formule une liste de propositions.  LIRE L’INTERVIEW SUR LE POINT Le Point : Les populistes ont le vent en poupe en Europe. À neuf mois des européennes, quelle réponse un parti centriste comme l’UDI, affilié aux libéraux européens de l’ALDE, peut-il apporter pour se faire entendre des électeurs ? Jean-Christophe Lagarde : La montée des populistes n’est pas propre à l’Europe, c’est un phénomène mondial qui se nourrit du rejet par les personnes les plus fragiles d’une mondialisation sans règles. Mais, en France, le phénomène du populisme est particulier puisqu’il consiste à incriminer l’Europe de problèmes qui sont proprement franco-français. Je vais en donner la liste : le chômage de masse dont nous souffrons depuis si longtemps ne frappe pas toute l’Europe ; le coût du logement si élevé concerne les grandes villes françaises, et non l’Europe ; l’insécurité au quotidien n’est pas partagée par tous les pays d’Europe ; le problème du pouvoir d’achat est aussi un problème hexagonal qui ne concerne pas tous nos voisins européens. Autrement dit, les autres pays ont mieux géré leurs affaires tandis que nos gouvernants successifs, les socialistes comme la droite, n’ont pas réussi à résoudre les problèmes qui nous enlisent depuis quarante ans ! À propos des migrants, leurs discours de fermeture, celui d’Orbán, de Salvini, de Kurz, rencontrent néanmoins un écho incontestable dans l’opinion… Même sur l’immigration, la grande escroquerie des populistes consiste à clamer que « c’est la faute à l’Europe » alors que le phénomène migratoire ne date pas d’aujourd’hui. Qui a régularisé 600 000 clandestins dans les années 1980 ? François Mitterrand....
« Emmanuel Macron n’a plus de dynamique. »

« Emmanuel Macron n’a plus de dynamique. »

INTERVIEW – Jean-Christophe Lagarde analyse la nouvelle donne politique de la rentrée.  LIRE L’INTERVIEW SUR L’EXPRESS L’EXPRESS. Quelques semaines après l’affaire Benalla, votre regard sur Emmanuel Macron a-t-il changé ? Jean-Christophe Lagarde. Non, car l’affaire Benalla n’est pas symptomatique de la macronie, mais de la Ve République. Depuis 1958, nous sommes malheureusement la seule « démocratie » [les guillemets sont de Jean-Christophe Lagarde] qui considère que quelqu’un qui travaille auprès du chef de l’Etat peut tout se permettre. Ce qui explique que rien n’a arrêté Alexandre Benalla, c’est que toute la haute administration a considéré qu’il était au-dessus des lois puisqu’il travaillait à l’Elysée. La promesse du « nouveau monde » d’Emmanuel Macron est morte avec l’affaire Benalla. Emmanuel Macron est-il politiquement affaibli ? La majorité a passé un été très difficile, dont on retient deux événements : l’affaire Benalla et l’arrêt de la réforme constitutionnelle. Emmanuel Macron bénéficiait de l’élan de l’élection présidentielle. C’est fini, il n’a plus de dynamique. Sa priorité doit être d’en retrouver une ! Dès lors, deux questions se posent à lui : comment rendre à nouveau crédible sa promesse de gouverner autrement ? Le gouvernement reprend-il le chemin des réformes ? Les deux questions sont liées puisqu’Emmanuel Macron n’aura pas les moyens d’engager ses réformes sans retrouver la crédibilité d’un pouvoir différent, plus transparent et démocratique. Quels actes attendez-vous précisément ? Emmanuel Macron avait commencé à s’attaquer à l’organisation des pouvoirs. Mais marginalement. Réformer le Conseil supérieur de la magistrature, mettre fin à la présence des anciens présidents de la République au sein du Conseil constitutionnel, supprimer la Cour de justice de la République, c’est bien. Mais...