Je dis au Président de la République : « Vous devez être celui qui aiguille les français, pas seulement celui qui les engueule »

Je dis au Président de la République : « Vous devez être celui qui aiguille les français, pas seulement celui qui les engueule »

Atlantico : Qu’est-ce qui fait que votre mouvement prend nettement ses distances avec LR aujourd’hui ? Votre positionnement dans l’échiquier politique n’est-il pas particulièrement inédit ? Jean-Christophe Lagarde : Pendant des décennies, le centre et la droite ont traditionnellement eu une alliance pour deux raisons fondamentales. La première c’est le mode de scrutin de la Ve République depuis 1958 qui contraint aux alliances. Le centre avec la droite et les communistes avec les socialistes et les radicaux de gauche. Le mode de scrutin poussait à cela. Et la deuxième raison, c’est qu’à partir du programme commun de François Mitterrand entre les socialistes et les communistes, il y eut une proximité d’idée bien plus grande entre le centre et la droite qu’avec ceux qui pactisaient avec les communistes – aujourd’hui en version remasterisée, Mélenchon. Mais aujourd’hui la vision radicalisée de la droite s’éloigne de nous. Et contrairement à ce que tout le monde pense, la politique ce n’est pas « passe-moi le sel, j’te refile le poivre! » On se bat pour des idées, et quand ces idées ne sont plus communes, il ne peut y avoir de combat commun. Je reconnais volontiers qu’il ne s’agit pas du cas de tout les membres de LR. Mais c’est hélas le cas d’une majorité de cadres et de militants LR dont la dérive droitière ne date pas d’hier et risque même de s’accélérer. C’est vers cela que va la droite française, cela n’a plus rien à voir avec la droite de De Gaulle. Elle sombre progressivement dans une entre soi radicalisé qui se rapproche dangereusement de l’extrême droite et qui fait heureusement peur aux...
« La recomposition politique nous rend libres ! »

« La recomposition politique nous rend libres ! »

Lire l’interview dans Le JDD Les sénatoriales ont marqué une victoire des  Républicains et de l’UDI, et un coup d’arrêt pour la République en marche. La recomposition politique est-elle terminée ? Les sénatoriales ont été un très beau succès pour l’UDI. Nous tournons ainsi la page d’une « annus horribilis », subie parce que nous n’avons pas eu la force collective de présenter un candidat à la présidentielle. Et nous avons été contraints de soutenir un candidat et un programme que nous n’avions pas choisis et qui nous a embarqué dans une affaire qui ne nous concernait en rien. Nous en tirons les leçons. La recomposition politique en cours nous rend désormais libres de toute entrave et de toute alliance. Libres de toutes nos positions, que ce soit vis-à-vis du gouvernement ou de toute formation politique. L’alliance traditionnelle avec les Républicains est-elle caduque ? Elle n’est plus une obligation. A partir de l’UDI, je souhaite que nous construisions une force politique nouvelle, rassemblant le centre et la droite progressiste. D’ici aux européennes, nous avons deux ans pour gagner une autonomie complète et rassembler ceux qui ne partagent pas la dérive d’une droite se recroquevillant sur sa fraction la plus nationaliste, conservatrice, et frileuse. Bref, la droite qui a refusé de voter Macron contre Le Pen, n’est pas la nôtre. Cette grande formation progressiste, beaucoup en parlent, mais on ne voit toujours rien venir… J’espère que les gens issus des Républicains qui ne partagent pas cette dérive droitière  sauront créer leur force politique. Je suis prêt à la fédérer avec la nôtre. S’ils ne le font pas, il nous reviendra d’incarner ces français du...