Lettre ouverte au Président de l’Assemblée nationale

Lettre ouverte au Président de l’Assemblée nationale

Lettre ouverte de Jean-Christophe Lagarde Paris, le 21 juillet 2018 Monsieur le Président de l’Assemblée nationale, Depuis 72 heures, l’affaire Benalla représente l’un des plus graves scandales de la Vème République. Depuis 72 heures, l’Assemblée nationale est paralysée au moment où le pouvoir exécutif est en difficulté. Par le combat dans l’hémicycle, les oppositions dont nous sommes, ont obtenu que soit créée une commission d’enquête parlementaire. C’était notre devoir pour exercer le pouvoir de contrôle que la Constitution nous confère. Par le même combat, nous avons obtenu samedi que la majorité finisse par accepter que les auditions et les débats de la commission soient publics et non pas secrets. C’est notre devoir pour garantir aux Français que toute la lumière, la transparence et la vérité leur sera faite sur les responsabilités et les conséquences qu’il faut en tirer. Depuis samedi matin, notre Groupe UDI-Agir et Indépendants considère que l’Assemblée nationale aurait dû reprendre ses travaux pour réviser la Constitution et pour réellement renforcer les pouvoirs du Parlement. Car il est indéniable que cette crise puise sa source dans le déséquilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif. Nous avons, de par notre Constitution, le Président le plus puissant de toutes les démocraties occidentales. Nous avons aussi, hélas, le Parlement le plus faible de tous les régimes comparables. Résultat, contrairement aux attentes des Français, nous sommes le pays qui s’est le moins réformé dans le monde occidental au cours de ces 40 dernières années. Comme le disait Montesquieu, « C’est une expérience éternelle que tout homme (ou régime) qui a du pouvoir est porté à en abuser » (confère M. Benalla). « Il...
La France des banlieues et de la ruralité veut qu’on lui garantisse l’égalité des chances.

La France des banlieues et de la ruralité veut qu’on lui garantisse l’égalité des chances.

Discours de Jean-Christophe Lagarde Versailles, le 9 juillet 2018 | Seul le prononcé fait foi Monsieur le président du Congrès, Monsieur le président du Sénat, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et messieurs les Ministres, Chers collègues parlementaires, C’est donc la seconde fois depuis son élection que le Président de la République convoque le Parlement en Congrès. Si cet évènement qu’il veut rendre traditionnel suscite à nouveau la polémique depuis plusieurs jours, c’est sans doute du au fait qu’il n’y a que dix ans que la Constitution en offre la possibilité et que l’exercice peine encore à trouver sa place dans la geste Républicaine. C’est si vrai que finalement, l’écho médiatique qui en parvient aux français fait bien plus de place à ceux qui décident de le boycotter qu’à ceux qui choisissent de s’y exprimer. Et je sais de quoi je parle. Mais puisque le Chef de l’Etat veut en faire un rendez-vous récurent, tâchons qu’il soit un moment solennel qui nous oblige à la responsabilité et à prendre de la hauteur. Avant tout, je tiens à exprimer notre regret de ne pouvoir répondre directement au Président de la République en sa présence. Nous défendrons d’ailleurs un amendement au projet de loi constitutionnelle pour lui permettre de rester dans cet hémicycle après s’être adressé à la représentation nationale, et de nous répondre s’il le souhaite. Sinon, le lieu, Versailles, la pompe et le protocole font trop penser à une monarchie républicaine, dont certes nos concitoyens raffolent, mais qui nous éloigne d’une démocratie moderne et vivante. En attendant, c’est à vous Monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, et...
Migrations : encore une fois, l’Europe s’en sort de justesse, dans un accord a minima

Migrations : encore une fois, l’Europe s’en sort de justesse, dans un accord a minima

Communiqué de Jean-Christophe Lagarde Paris, le 29 juin 2018 Encore une fois, l’Europe s’en sort de justesse, dans un accord a minima, alors que son rôle devrait justement être d’anticiper les crises et non de réagir à la pression des événements.   Ce n’est pas l’Europe qui échoue sur les migrations depuis cinq ans puisque ce sont le Etats qui refusent de lui en donner la responsabilité. Je salue, néanmoins, le premier pas que constitue cet accord en faveur de la création de « centres contrôlés » aux portes de l’Europe. C’est une première prise de conscience que les Etats ne peuvent répondre isolément à la crise migratoire.  Mais il faudra aller rapidement plus loin en créant un Ministère Européen des Migrations (MEM). Il devra être chargé : – de protéger nos frontières par la création d’un véritable corps européen de garde-côtes et de garde-frontières ; – de la gestion de « centres d’accueil » hors du territoire européen, sur le continent d’origine, pour qu’ils puissent être réellement efficaces et éviter ces traversées dans des conditions inhumaines ; – d’organiser l’accueil des étrangers en conservant pour chaque État le droit de fixer le nombre qu’il souhaite accueillir et les critères de visa ; – d’unifier les critères du droit d’asile qui doivent être les mêmes dans tous les pays européens ; – et de supprimer la liberté d’installation pour les étrangers non communautaires, car il n’est pas possible qu’un étranger ayant obtenu un visa dans un pays puisse ensuite s’installer dans tous les autres de l’Union. Nous ne pouvons plus rester au milieu du gué. Les Etats membres ne peuvent plus gérer seuls...